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Mercredi 25 Janvier 2006
En 1794, la France était attaquée de tous côtés. Non seulement son territoire était envahi sur plusieurs points, mais son peuple et son armée risquaient d'être affamés. Ne produisant pas assez pour subvenir à ses besoins, elle ne trouvait nulle part où acheter le complément de grains qui lui était nécessaire. Nulle part... sauf en Algérie, dont le dey offrit à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé.

Deux ans plus tard, le Directoire a succédé à la Convention, mais la guerre n'en continue pas moins, et l'Angleterre continue à poursuivre son plan d'affamer les armées de la République ; en outre... le Trésor est vide, ou presque. Le dey d'Alger offre alors au gouvernement français de lui prêter un million, sans intérêts, pour les achats de blé que celui-ci aurait à effectuer en Algérie. Le gouvernement français accepte, et les achats sont effectués notamment par l'intermédiaire de la maison Bacri et Busnach, gros commerçants juifs, auxquels d'ailleurs la plus grosse partie du blé qu'ils livrent à la France est fournie par le dey lui-même.

Les achats de blé ainsi effectués dépassent de beaucoup le million prêté ; la France ne les paie pourtant point. Qu'importe !

La France est riche et est personne d'honneur. Quand la paix sera revenue, elle réglera ses dettes. Le dey continue donc de fournir du blé à Bacri, et Bacri de livrer à la France.

1815 : la paix est revenue, c'est le moment de se faire payer. Bacri et le dey réclament leur dû.

Mais chacun sait que la bourgeoisie française n'aime guère payer ses dettes de guerre. Elle estime qu'est suffisant l'honneur qu'elle a fait à ses créanciers en leur permettant de la sortir de l'embarras. Ils ont eu l'insigne honneur de l'aider à vaincre, que veulent-ils de plus ?

Malgré la paix et l'« ordre » revenus, le gouvernement de la Restauration fit donc autant de difficultés que ses prédécesseurs pour payer ceux qui avaient fourni de quoi faire le pain du troupier français. On objectera que certaines cargaisons avaient été de mauvaise qualité. C'était bien possible, même très probable ;

il n'y a pas de raison pour que Bacri et Busnach aient fait exception dans l'honorable corporation des fournisseurs de guerre. En conséquence, le Commission française, réunie en 1819, fit subir de sérieuses réductions aux factures de Bacri, en suite desquelles ce qui reste dû est fixé définitivement, d'accord avec Bacri et le dey, à une somme globale de 7 millions. Il n'y a donc plus qu'à payer. Eh bien on ne paie pas. L'accord de 1819 stipulait que, sur les 7 millions, seraient retenues les sommes qui pourraient être dues par Bacri à ses créanciers. En conséquence, le Trésor français verse bien l'argent, mais il le verse à Paris, à la Caisses des dépôts et Consignations ; aussitôt une nuée d'oppositions, de la part de créanciers de Bacri, vrais ou prétendus, se produit, et, en 1827, soit huit ans après que l'accord réglant définitivement le montant des sommes dues a été conclu, les tribunaux français n'avaient pas encore statué sur la validité de ces oppositions ! En 1827, donc, le dey n'était pas encore remboursé du million qu'il avait prêté à la France, sans intérêts, trente et un ans auparavant ! Bien plus, du fait des dettes que Bacri avait eu soin de faire en France, le dey risquait fort de ne jamais toucher un sou. Ainsi, sous couleur de satisfaire ses réclamations, on avait « rendu légale sa spoliation » ( Esquer, La Prise d'Alger, p. 49)

Le dey d'Alger était ainsi magnifiquement récompensé de l'ardeur qu'il avait mise à faciliter le ravitaillement de la France affamée par l'Angleterre.

En cette année 1827, le dey d'Alger découvrit un fait bien plus grave encore, où la perfidie du gouvernement de la restauration dépassait vraiment toutes les bornes.

A l'extrémité est de la Régence, à 500 kilomètres environ d'Alger, sur un point du littoral appelé Calle, la France avait la concession d'un entrepôt commercial. Le gouvernement français, par la voix de son représentant à Alger, Deval, avait promis au dey que l'entrepôt ne serait pas fortifié ( Esquer, La Prise d'Alger, p. 53.) ; c'était un emplacement pour faire du commerce, mais rien de plus ; ce ne devait point être transformé en une place forte. Or, la France avait fortifié la Calle, et le dey venait de l'apprendre.

Supposez que la France se soit conduite avec les Etats-Unis, pour le règlement de ses dettes de guerre, comme elle s'est conduite avec le dey d'Alger, ne croyez-vous pas que, bien avant que trente ans ne soient passés, la flotte américaine ne se serait pas, pour le moins, emparée de la Guadeloupe et de la Martinique, et ne serait même venue faire un petit tour à Brest ? Ou bien, supposez que la représentation commerciale des Soviets à Paris convertisse ses bureaux en forteresse, la France serait-elle longue à renvoyer l'ambassadeur soviétique chez lui, et à réoccuper par la force les locaux de la Représentation commerciale ?

Le dey d'Alger, lui, se contenta de demander des explications. Il les demanda par écrit au gouvernement français, et comme celui-ci ne répondait pas, il les demanda verbalement au consul de France. Que vouliez-vous que celui-ci réponde ? Pour l'affaire de la Calle en particulier, il savait fort bien que c'était lui-même, Deval, qui s'était engagé à ce que le territoire ne fût pas fortifié, et il savait aussi que, malgré cela, on l'avait fortifié. Dans ces conditions, quand on n'a pas d'explications valables à fournir, il n'est qu'une ressource : c'est le prendre de haut. C'est ce que fit Deval. Alors, furieux, le dey s'emporta, injuria, et finalement donna au « représentant de la France » un coup de son chasse-mouche.

On tenait le prétexte !

Le gouvernement français, convaincu de mauvaise foi, allait châtier le dey coupable d'avoir « injurié la France ». Car l'« honneur de la France » ne consistait pas à payer ses dettes le plus vite possible, l'« honneur de la France » ne consistait pas à respecter la parole donnée ; l'« honneur de la France » consistait à frapper celui qui lui reprochait ses actes déshonorants. « Je m'appelle lion » ; ma raison est la meilleure... parce que je suis le plus fort. Et je suis le plus fort, non seulement par les armes, mais par toute l'organisation de mensonges que, sous les noms divers d'enseignement, de littérature, de « culture », etc., j'ai créée pour me servir. En conséquence, du mensonge je ferais la vérité. Toute une armée d'« intellectuels » proclamera par le monde, comme la vérité, comme une Vérité évidente et universellement admise, que j'ai été outragé sans raison, et que mon bon droit à m'emparer d'Alger est incontestable. Il n'y a pas un Français, pas un élève de l'école primaire qui ne sache pas que le « coup de l'éventail » du dey Hussein est à l'origine de la conquête de l'Algérie ; combien y en a-t-il à qui vous avez appris, messieurs les Professeurs, l'histoire des fortifications de la Calle ? Il n'est pas un manuel d'histoire élémentaire qui ne contienne quelques illustrations du dey frappant le « représentant de la France », mais ce n'est que dans quelques rares livres, tirés à un petit nombre d'exemplaires, et enfouis dans les bibliothèques, qu'on peut trouver des renseignements sur les raisons pour lesquelles le dey était, ce jour-là, si fort en colère. Voilà l'« histoire » bourgeoise. L'emportement du dey est monté en épingle, mais les raisons de son emportement sont soigneusement cachées, car sinon, le lecteur pourrait s'apercevoir que si jamais « coup d'éventail » fut justifié, ce fut bien celui que reçut à Alger, le 30 avril 1827, le consul de France.

Pour rappel, l'Histoire n'appartient à personne ... mais merci à ces plus ou moins inconnus qui se chargent de la propager et qui participent aux combats contre l'ignorance  pour éviter de s'entendre dire que le colonialisme a joué un rôle positif  !  ;=)

Lire la suite sur Le site noir du colonialisme.

Lundi 23 Janvier 2006

L’enseignement des langues étrangères dans les écoles sud-coréennes est dominé par un réalisme économique. Avec la domination de l’anglais, les langues secondaires choisies sont principalement le japonais et l’allemand.

En Corée du sud, l’anglais est enseigné assez tôt, dès l’école primaire, et son étude se poursuit jusqu’au lycée. Le gouvernement encourage l’apprentissage d’une seconde langue étrangère. Les élèves peuvent y apprendre le chinois, le japonais, le français, l'allemand ou l'espagnol.

 La bonne place de l’allemand

 En France, l’allemand est plutôt perçu comme une langue « d’élite », une langue faite pour les meilleurs élèves. En effet, elle n’est pas si facile à apprendre. Mais en Corée du sud le choix est souvent dicté par un réalisme économique qui influence aussi le choix de la carrière future. Au lycée, les 2 langues les plus choisies sont le japonais et l’allemand. L’allemand a certes perdu un peu de terrain : il y a dix ans de cela, elle était la première langue choisie après l’anglais. Mais elle devient de nouveau la seconde langue la plus enseignée à l’Université. On constate que la vision est bien différente de chez nous. Il ne faut pas oublier non plus que l’Allemagne est le premier pays exportateur au monde avec une industrie qui se classe parmi les 3 plus importantes de la planète. C’est aussi un marché de près de 82 millions d’habitants, et la langue de Goethe concerne plus de 100 millions de personnes, si l’on inclut l’Autriche et la Suisse.

Sur les 60 universités privées que compte le pays, on peut y recenser plus de 72 départements de langues spécialisés sur l’Allemagne et la langue allemande.

Cependant cette bonne place est à tempérer. Depuis la réforme des universités entrée en vigueur en 1999, le choix d’une seconde langue étrangère n’est plus une obligation. C’est ce qui explique principalement le net recul de l’allemand.

Quelle place pour l’anglais ?

Comme on peut s’en douter, l’anglais occupe une place importante, non seulement comme langue étrangère mais aussi comme matière à part entière. L’anglais a un statut de matière fondamentale, au même titre que le coréen ou les mathématiques. Au collège à l’âge de 12 ans, les enfants ont chaque semaine près de 6 à 7 heures de cours d’anglais. Pour les instituts de langues, l’anglais constitue un marché assez vaste où la concurrence y devient féroce. Pour la plus grande joie des parents les prix de l’heure de cours sont à la baisse, mais cela entraîne aussi quelques faillites d’institutions, parmi les plus sérieuses, qui ne peuvent pas rivaliser.

Le japonais et la montée du chinois

Comme pour l’allemand, le japonais est choisi par réalisme économique. Il tend même à avoir un poids aussi important que l’anglais dans certaines écoles privées. Car dans un pays où la compétition sur le marché du travail est forte parmi les nouveaux diplômés, il faut savoir acquérir des atouts et se différencier. Tout le monde maîtrise bien l’anglais. Le petit plus se fait ailleurs, souvent dans la parfaite maîtrise d’une seconde langue étrangère (japonais ou allemand). Mais, compte tenu de la forte progression de l’économie chinoise et de son potentiel, il est à parier que le chinois deviendra prédominant chez les étudiants sud-coréens.

Quand on sait qu’en Algérie, l’usage des langues étrangères est encore un débat d’un autre temps ? Pourquoi l'apprentissage du français, de l’anglais, de l’allemand , du coréen, du chinois ou même du japonais ne répondraient-ils pas  à une simple logique économique ? Après tout qui sont nos principaux partenaires économiques  ou politiques ?

Je pense que l'Algérie devrait se tourner vers le futur et enfin envisager sa politique (intérieure : éducation, emploi, investissement; extérieure : partenariat, lobbying, intelligence économique) avec du réalisme économique.

 

 

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