Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 01:25
dans un long entretien accordé à Liberté, le sélectionneur national Rabah Saâdane revient sur plusieurs points, notamment celui ayant trait à l’arbitrage scandaleux face à l'Égypte, la participation de l’EN durant cette phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, ainsi que d'autres sujets d'actualité. D’emblée, Saâdane, toujours choqué et outré par le complot tramé contre les Verts, ne rate pas l'occasion de descendre en flammes la Confédération africaine de football qu’il accuse ouvertement d’être à la solde des Égyptiens. Outré par l’arbitrage scandaleux du Béninois Koffi Codjia, un arbitre désigné de surcroît par la commission d’arbitrage de la CAF, le coach des Verts appelle les fédérations africaines de football à agir pour mettre fin à ce genre de pratique “honteuse”. Saâdane est allé encore plus loin dans ces déclarations en affirmant qu’il n’a désormais plus de respect pour le football égyptien justement en raison des combines utilisées et des coups de pouce des arbitres et ce, rien que pour continuer à régner sur le plan continental. “Ce que je regrette ? Et bien incontestablement de voir l’Afrique du football descendre aussi bas dans le jeu de coulisses pour gagner un match d’une telle importance, de surcroît en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations. Je crois que je vais surtout garder en mémoire cette phrase d’un technicien européen, présent ici en Angola, dont je préfère taire le nom, à la fin du match. Il m’a dit texto : ‘Vous savez très bien que cela se passe comme cela en Afrique, et vous savez désormais pourquoi l’Égypte a d’aussi bons résultats à la CAN’. Nous avons offert à la face du monde une image pitoyable du football africain et du système qui veille à sa bonne marche. Contre l’Égypte, un arbitre sans honneur ni principes a décidé de l’issue de la partie. Il est arrivé au stade avec des consignes spéciales qui consistaient à désarmer l’Algérie qui avait émerveillé les observateurs trois jours plus tôt contre la Côte-d’Ivoire. Il fallait absolument nous déstabiliser et la solution a été vite trouvée : casser notre citadelle en expulsant Halliche, l’un de nos meilleurs joueurs en défense. Dès le début du match, il a cherché Halliche en lui infligeant d’abord gratuitement un premier avertissement avant de l’expulser sur la seconde faute du penalty. D’ailleurs, dès le premier avertissement contre Halliche, j’avais compris le complot qui se tramait contre nous. Vous aurez remarqué que Halliche a reçu le premier avertissement alors qu’il disputait une balle avec le gardien égyptien. Il était donc en position offensive, preuve que l’arbitre le recherchait dès le début. C’est une expulsion calculée et préméditée. Je me suis du reste remémoré le scénario de notre match contre le Rwanda à Blida où l’arbitre nous a refusé deux buts limpides. Celui-là aussi était à la solde des Égyptiens. Mais, nous avons pu triompher au bout malgré ces pratiques honteuses. Et dans cette demi-finale de la CAN, ils ont réussi leur coup pourri. Mais peut-on s’enorgueillir d’une telle victoire décidée à l’avance dans les bureaux de la CAF, dans les couloirs de ceux qui sont à la solde de l’Égypte ? Aujourd’hui, je le dis ouvertement, et j’assume ce que je dis, la CAF est à la solde de l’Égypte et roule à 100% pour ses intérêts”, dénonce le coach national dans un entretien complet paru aujourd’hui dans Liberté Foot. Saâdane, qui considère que le scénario dont ont été victimes les Verts, dans ce match de jeudi, est “une agression contre le football africain et une atteinte à sa valeur indiscutable”, il interpelle les fédérations africaines à réagir contre le diktat égyptien au niveau de la CAF. “Il faut que les fédérations africaines disent basta à cette hégémonie égyptienne. Cela doit commencer par le changement du siège de la CAF. La CAF ne peut plus se permettre de rester au Caire sans risquer d’annihiler le peu de crédibilité qui lui reste”, se révolte-t-il. Et d’ajouter : “Je suis dégoûté et touché dans mon amour-propre. Je n’aime pas l’injustice et les combats déloyaux. Je ne peux pas imaginer qu’un gars, travaillant pour le compte de mon adversaire, vienne casser le travail que j’ai effectué depuis des années. Les Égyptiens ont vu notre niveau contre la Côte-d’Ivoire et ils se sont rendu compte que pour gagner ce match contre l’Algérie, il fallait, comme on dit, acheter l’arbitre. Alors ils l’ont fait puisque c’est eux qui décident de tout. Lors des éliminatoires de la Coupe du monde, les Égyptiens ont essayé de nous déstabiliser avec l’agression physique et le caillassage du bus avant le match du 14 novembre. Ils n’ont pas réussi dans leur entreprise machiavélique car nous ne sommes pas des gars à avoir peur des cailloux. Ils ont essayé même avec l’arbitre puisque, souvenez-vous, le deuxième but inscrit en fin de match était entaché d’un hors-jeu. Mais cette fois-ci, ils ont sorti le grand jeu de coulisses. Ils ont carrément dicté la méthode à suivre à l’arbitre pour avoir raison de l’Algérie. D’ailleurs, c’est simple, ce n’est pas l’Égypte qui nous a battu, mais cet arbitre béninois malhonnête.”
 

En instrumentalisant la Confédération africaine de football à leur guise, les Égyptiens dominent le football africain, comme en témoignent leurs six titres continentaux, dont trois gagnés à domicile, mais calent dès qu’il s’agit de qualification pour le Mondial, auquel ils n’ont pris part qu’en 1990, si l’on excepte celle anecdotique de 1934 au détriment de la Palestine. Il est temps de les déposséder de cette instance continentale.

Recourant à la même stratégie qui lui permet de contrôler la Ligue arabe depuis sa création en 1945 ainsi que des structures en découlant telles que l’Alesco, l’Égypte opère de la même manière avec la Confédération africaine de football. Abritant le siège de l’instance suprême du football continental depuis 1957, les Égyptiens ont fait également main basse sur son fonctionnement à travers le poste de secrétaire général, occupé par un des leurs sans interruption. En effet, aussi bizarre que cela puisse paraître, cette fonction permanente au sein de la CAF a été transmise de façon héréditaire par le premier SG, Mourad Fahmi, à son fils Mustapha Fahmi, l’actuel détenteur du poste, sans que personne ne trouve à redire. C’est un cas unique dans les annales du football mondial, car cela ne s’est produit dans aucune instance footballistique à travers le monde. Cela démontre l’habilité dont font preuve les Égyptiens, pour maintenir la CAF dans leur giron, car elle permet de dominer le football africain et d’aligner les titres, au niveau des clubs et des nations, sans difficultés. Ils ont remporté six fois la Coupe d’Afrique des nations, dont trois à domicile. À travers ce palmarès, on peut penser qu’ils sont les plus forts. Mais, si c’était vraiment le cas, pourquoi ne se sont-ils qualifiés qu’une seule fois à la phase finale de la Coupe du monde de football en 1990, depuis l’instauration des éliminatoires pour le continent africain depuis l’édition de 1970 ? Ceci étant, la qualification au Mondial italien était entachée d’irrégularités, notamment les incidents de fin de match, dont avaient résulté la fameuse affaire Belloumi, lequel avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt international suite à d’odieuses accusations d’agression des Égyptiens. Ce n’est que l’année écoulée que cette affaire a été réglée permettant au joueur algérien de pouvoir voyager à l’étranger. À chaque fois qu’une compétition s’est déroulée en Égypte, leurs participants ont dénoncé les manœuvres et les pressions exercées sur les adversaires. Il suffit de se remémorer les incidents survenus avant le match Égypte-Algérie au Caire le 14 novembre dernier, en particulier le caillassage de l’autobus des joueurs algériens durant leur transfert de l’aéroport à l’hôtel au cours duquel trois joueurs et un membre du staff  technique avaient été blessés, pour s’en convaincre. Mais, comme les éliminatoires du Mondial sont du ressort de la Fédération internationale de football association (Fifa), laquelle se charge de la désignation des officiels, notamment les arbitres, et non la Confédération africaine de football, les Égyptiens ne peuvent influer sur le déroulement de la compétition, contrairement à celles gérées directement par la CAF. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que lorsqu’on abrite le secrétariat général et les commissions d’une instance footballistique, on a toutes les possibilités de peser sur les décisions des personnes chargées de la gestion des compétitions. On peut recourir à divers moyens pour faciliter la tâche de ses représentants sur le rectangle vert, sans laisser la moindre trace derrière soi. Il est impossible d’obtenir la moindre preuve de corruption, malgré la multitude d’accusations contre le corps arbitral africain, dont les erreurs sont parfois criantes. Celles de Koffi Codjia de jeudi et de Keïta Yakuba, le Guinéen, qui avait dirigé Algérie-Rwanda le 11 octobre dernier à Blida, sont trop évidentes pour croire qu’elles ne sont pas intentionnelles. Et comme l’Égypte est toujours concernée de près ou de loin, il n’y a qu’un pas à franchir pour voir une main égyptienne derrière de tels agissements. À partir de là, il devient impératif de penser à délocaliser le siège de la CAF du Caire, et confier le poste de secrétaire général à quelqu’un d’autre qu’un Égyptien. Alors, on pourra vérifier réellement si les “Pharaons” sont aussi forts que ne le laissent croire leurs résultats.   


Source Liberté : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=129600

Espérons que lors de la coupe du monde, South Africa fera honneur à notre continent !
Et que par la même occasion, elle hérite du siège de la CAF, histoire de mettre fin à cette main mise malsaine des égyptiens sur le football africain et son organisation ! De plus, d'un point de vue géographique et culturelle, l'Egypte est plus proche du Moyen-Orient
que de l'Afrique ...
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 01:44

 

 

«Avava aya as naker, Ammi ’akalna’e» «Oh! mon père, défendons-nous, Oh! mon fils, ils savent que nous sommes faibles.» Proverbe berbère

Il m’est apparu important de situer la position de l’Algérie eu égard à la dernière humiliation: celle, de faire partie des 14 pestiférés de la planète. Les Algériens n’ont pas vu voir venir le coup, tout occupés qu’ils étaient à «cuver» la griserie d’un match de foot qui nous a même fait accepter les humiliations égyptiennes en adoptant - sur les conseils de nos gouvernants- une position stoïque qui frise, en réalité, l’impuissance à gérer ce type de situation et répondre coup sur coup. Coup sur coup, deux décisions ont porté un sérieux coup au prestige de l’Algérie. Nous qui pensions benoitement que nous avions été réadmis dans le club des nations crédibles au sens de la terminologie occidentale, voilà que l’on nous annonce que nous sommes toujours un pays terroriste et qu’à ce titre nous faisons partie des pays à mettre à l’index. Cela n’a rien de nouveau, beaucoup de pays étaient classés comme «rogue State», «Etat voyou» pour n’avoir pas voulu se plier à la doxa occidentale. On nous rassure, une délégation américaine va venir à Alger nous expliquer pourquoi ils nous ont classé ainsi parmi les pestiférés et peut-être ce qu’il faut faire pour rentrer dans les bonnes grâces. Pour faire court, nous sommes redevenus un pays infréquentable et le discours officiel sur «la confiance revenue» est à revoir fondamentalement. La position américaine, concernant la sécurité ne souffre pas d’ambiguïté. Peu importe la personnalité si les ordres sont de fouiller tout le monde. Souvenons-nous de la mésaventure de l’ancien directeur général de l’AIE.: les autorités américaines ont soumis le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), prix Nobel de la paix 2005, et son épouse, dimanche, à l’aéroport Logan de Boston, à un contrôle approfondi. Cet incident a «beaucoup fâché et embarrassé» le prix Nobel de la paix, qui devait rencontrer le secrétaire d’Etat américain, Condoleezza Rice, a précisé un diplomate joint à Washington depuis Vienne. Le directeur adjoint de l’Aiea, David Waller a, pour sa part, assuré que M. El Baradei avait considéré l’incident, comme «un malentendu», «sans importance».(1)
La France n’est pas en reste, curieusement et effaçant d’un revers de main plusieurs années «d’entente cordiale», prélude à un traité, l’avons-nous cru naïvement, avec Jacques Chirac, elle déclare que l’Algérie est un pays à risque et qu’à ce titre, elle fera l’objet d’un traitement adéquat en ce qui concerne ses ressortissants. Le ministre français de l’Intérieur, Brice Hortefeux, persiste et signe. «Il faut élargir la liste des zones à risques de sept à trente pays» pour prendre en compte la nouvelle menace terroriste, dit-il au Figaro. «Il ne s’agit pas, précise le ministre de l’Intérieur, de stigmatiser les pays concernés, mais il faut bien prendre en compte les points de passage des filières de l’islamisme radical» qui veulent «porter le fer» en Occident, ajoute-t-il. Il a annoncé un durcissement des mesures de sécurité face à la menace terroriste, dont l’extension prochaine de la liste des pays jugés à risque. (...) La France, de son côté, envisage d’étendre la liste des pays dits à risque, où sont actuellement inscrits l’Algérie, le Mali, l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, l’Iran et la Syrie(2).

Quelle a été la réponse de l’Algérie?
«L’Algérie n’admet pas que ses ressortissants soient assimilés à des terroristes. C’est le message subliminal que vient d’adresser le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, aux autorités américaines. L’ambassadeur des Etats-Unis à Alger, David Pearce, a été convoqué par le ministre pour lui signifier que les mesures de contrôle imposées aux Algériens ne sont pas acceptables. Les Etats-Unis ont décidé d’effectuer des contrôles spécifiques aux Algériens à leur entrée sur le territoire américain ou lorsqu’ils s’apprêtent à le quitter. Ce pays n’est pas le seul à instituer des conditions drastiques pour l’accès des citoyens sur son territoire. Il n’a d’ailleurs fait que suivre l’exemple de la France. (...) En tout cas, les positions de ces deux partenaires de l’Algérie sont très curieuses. Leurs services de sécurité reçoivent régulièrement des informations sur la situation en Algérie. Récemment encore, le ministre des Affaires étrangères se trouvait aux Etats-Unis pour rencontrer, entre autres, des responsables de la sécurité..Or, voilà que son aura dans le concert des nations vient d’être remise en cause par un événement auquel elle n’est liée, ni de près ni de loin. Inscrire le pays sur la liste rouge revient à dire, ni plus ni moins, qu’elle continue d’être l’antre des terroristes, voire d’Al Qaîda. (...) Tout porte à croire que la France et les Etats-Unis pensent que l’Algérie a de fortes chances de figurer parmi les plates-formes utilisées par les terroristes afin de coordonner leurs actions»(3)
Ceci dit, comment cela se traduira-t-il pour ces passagers à risques que nous sommes? Nous allons être «scannerisés». Ces images du scanner, qu’on le veuille ou pas, nous font perdre notre dignité c’est un peu des scénarios de type scandale Abou Ghraib. Le recours au scanner n’est pas une nouveauté; déjà en 2008, l’Union européenne s’interrogeait sur son utilité et sur sa nécessité au regard des problèmes éthiques qu’il pose. L’installation de scanners corporels dans les aéroports, comme aux Etats-Unis, divise les responsables européens, partagés entre la nécessité de lutter contre le terrorisme et la crainte d’être accusés de «voyeurisme». Le sujet a été discuté à Luxembourg à l’initiative du ministre allemand de l’Interieur, Wolfgang Schäuble, opposé à cette initiative, contrairement à son homologue française, Michèle Alliot-Marie, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE. Le ministre allemand a parlé de la «dignité» des passagers, dévêtus par ces scanners chargés de détecter les armes et les explosifs indécelables par les détecteurs actuels. «Ces appareils permettent de voir jusqu’aux parties intimes, s’est indigné l’eurodéputé social-démocrate bavarois Wolfgang Kreissl-Dörfler».(4)
En 2010, on n’en est plus là! Certains pays européens, comme le Royaume-Uni, annoncent l’installation des scanners. La présidence espagnole de l’UE a plaidé en faveur d’une position commune sur l’usage des scanners corporels dans les aéroports après l’attentat manqué de Noël sur un vol Amsterdam-Detroit. (...)Selon une source diplomatique, les Américains, qui ont envoyé des demandes de contrôles supplémentaires aux gouvernements européens, ont souligné jeudi «que la menace terroriste était élevée». Le ministre espagnol a parlé des scanners corporels comme d’une «option en dernier recours». Les images rendues par ces scanners sont saisissantes de réalisme, montrant, à peu de chose près, la silhouette des passagers mise à nu, en noir et blanc, ce qui inquiète les associations de protection de la vie privée.(5)
Maâmar Farah résume assez bien notre situation. Ecoutons-le: Des lecteurs me demandent des précisions sur les fameux scanners corporels. Comment répondre sans les choquer? A un moment, j’ai pensé carrément publier les photos que l’on pourra voir à travers ces appareils. Ils ne laissent aucun détail de l’anatomie des voyageurs contrôlés. (...) Chez nous, c’est le silence total comme si l’affaire ne concernait pas du tout les Algériens, pourtant clairement, cités parmi les ressortissants des 14 pays de la liste de la honte! (...) C’est inquiétant! C’est à croire que le pays n’est habité que par des binationaux qui savent que l’autre passeport est le sésame qui leur ouvrira les portes de la dignité dans des aéroports qui ressemblent, de plus en plus, aux sinistres camps de concentration!(6)

Pourtant le scanner n’est pas la solution!
Comme l’écrit Abderrahman Al-Rached, du journal Asharq Al-Awsat, des mesures de sécurité exagérées et inefficaces. L’idée des autorités américaines d’établir des listes de «passagers dangereux» ou de «pays à risques» constitue un grand pas en arrière, dans leur approche du terrorisme, après les diverses expériences mises en oeuvre depuis le 11 septembre 2001. Un passager, un seul depuis des années, a réussi à atteindre le ciel américain avec une bombe, sans la faire exploser, et voilà qu’on s’apprête à en tracasser des millions d’autres. (...) On sait pourtant qu’on ne réussira jamais à réduire à zéro, le risque d’attentat, même avec les mesures les plus rigoureuses, sophistiquées et tatillonnes. Il y aura toujours quelqu’un comme Omar Abdulmutallab parmi les millions de voyageurs qui prennent l’avion pour réussir à passer à travers les mailles du filet. Embêter tous les ressortissants de tel ou tel pays n’a aucun sens. Omar n’a pas embarqué au Yémen, mais aux Pays-Bas. (...) Si l’on devait appliquer des mesures particulières à tous les ressortissants du Nigeria et d’une dizaine d’autres pays musulmans, il en resterait une bonne quarantaine d’autres. Et si l’on élargissait la liste pour y inclure tous les pays musulmans, Al Qaîda trouvera bien quelqu’un avec la nationalité chinoise ou allemande - et éventuellement blanc de peau. Quand bien même on fouillerait tous les passagers du monde jusqu’à la dernière couche de leurs vêtements, il y aura toujours des kamikazes. Ils trouveront un moyen de cacher l’explosif dans leur corps.(7)
Abderrahman Al-Rached conclut que c’est le jeu du chat et de la souris qui relève surtout des règles de la probabilité. Ce n’est pas en ciblant telle ou telle catégorie qu’on empêchera une personne bien décidée à commettre son crime. Ce qui est vraiment important, c’est de combattre l’idéologie et les structures d’Al Qaîda. Au lieu de transformer les aéroports en citadelles assiégées, on ferait mieux de combattre les extrémistes sur le terrain des idées.(7)
Les Etats-Unis n’ont pas même la reconnaissance vis-à-vis de l’Algérie concernant les 150 milliards de dollars qui s’effritent dans leur banques. Que faut-il faire? Compter sur soi. Réévaluer nos forces et faiblesses. Si avec les Etats-Unis nous avons échoué c’est que nous ne connaissions pas la psychologie américaine. En un temps, Edward Saïd expliquait l’échec des pays arabes, vis-à-vis des Etats-Unis, par leur manque de connaissance des Etats-Unis. Pour comprendre l’Amérique, à défaut d’avoir un institut d’études américaines, qu’il nous suffise de nous référer au dernier discours d’Obama, lors de la remise du Nobel. Rick Rozoff écrit: «(...) Avec une allure visionnaire et un rythme de discours solennel, il a déclaré: «La guerre est un moyen, parmi d’autres, qui est apparu sur terre avec les premiers hommes». (..) Le discours d’Oslo est rempli de signes d’appropriation, d’attributs divins, pour soi-même, d’un fatalisme anthropologique et historique et d’une profonde conception pessimiste de la Providence. (...) Rejoignons le monde qui doit être (celui) qui reflète la part de divin, qui réside en chacun de nous. «...Peut-être que le problème le plus profond qui entoure le fait qu’on m’attribue ce prix, vient de ce que je sois le Commandant en chef des armées d’une nation qui mène deux guerres en ce moment». (...) «...Nous sommes en guerre et je suis responsable du déploiement de centaines de jeunes Américains sur des champs de bataille éloignés. Certains vont tuer, d’autres seront tués». (...) «Nous devons commencer par prendre en compte la dure vérité: nous ne viendrons pas à bout des conflits violents de notre vivant. (...) l’usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié». «A titre de chef d’État, qui a fait le serment de protéger et défendre ma nation, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (ceux de Ghandi et de Martin L. King), je suis face au monde tel qu’il est et je ne peux pas demeurer passif devant les dangers qui menacent le peuple américain. Ne vous méprenez pas, le mal existe dans le monde (...). Je me réserve le droit, comme tout chef d’État, d’agir unilatéralement si nécessaire pour défendre ma nation». Le discours du président Obama à Oslo montre que l’Amérique est toujours prête à se lancer en guerre même si elle a changé de conducteur.(8)
N’est-il pas suffisant que la France soit le premier partenaire de l’Algérie et que la balance commerciale soit en notre défaveur? Que veut la France? L’Algérie est deuxième pays francophone! Que veut la France? Les Algériens continuent à subir, dans leur chair, les répliques d’un tremblement de terre qui a eu lieu un 5 juillet de l’an de grâce 1830! Que veut la France? Son élite est aspirée, sans état d’âme sans contrepartie. Notre société qui a été profondément déstructurée n’a pas pu participer, en son temps, au mouvement de l’histoire et de la première révolution industrielle. A bien des égards, notre gap technologique vient de notre état de colonisés pendant plus d’un siècle et trente ans. Que dire des millions d’Algériens morts pendant la colonisation des suites des guerres infligées, des famines organisées et des tortures institutionnalisées? Et des milliers de morts pour la France dans tous les conflits?
Dans une situation pareille, chaque Algérien doit se sentir concerné pour apporter sa pierre. Le moment est venu de mettre à plat nos forces et faiblesses. Ces deux affaires montrent que rien n’est définitivement acquis et qu’il faut sans cesse prouver que nous pouvons être une nation qui aspire à la paix à la science et à la démocratie. Il nous faut mettre tout à plat et mobiliser les forces vives de la nation dans un patriotisme bien compris avec le peuple qui adhère dans la mesure où on lui dit la vérité autrement que de le bercer par des soporifiques tels que le foot, les feuilletons égyptiens ou encore le portable et autres prozac qui sont de véritables paradis artificiels qui débouchent, à Dieu ne plaise, sur des réveils douloureux. Peut-être qu’une réflexion sur la nécessité d’un repli sur soi salvateur, à l’instar de l’ère du Meiji au Japon, est une approche féconde, elle ne pourra avoir des chances d’aboutir à une Algérie fascinée par l’avenir que si on mobilise ce peuple par notre travail, par notre sueur, par notre amour du bien commun, nous pourrons rendre coup sur coup à ces nations qui pensent que c’est «la fin de l’histoire» et qu’ils sont définitivement installés pour les siècles des siècles...


Peut-être faudrait-il apliquer ces mêmes contraintes à tous les ressortissants de ces pays US, France , .. : Qu'ils soient dans le corps diplomatiques, (ou même leut représentant Hilary Clinton/ou Kouchner) ou salariés dans une quelconque société présente en Algérie sans exception ( d'Alger à Tamanrasset , de Tlemcen à Tebessa  en passant par les voyageurs à destination de Hydra ou Hassi-Messaoud..) ...
La reciprocité devrait s'appliquer à tous les domaines, au lieu d'attribuer des contrats colossaux à des pays qui crachent dans la soupe ... cela donnerait peut-être à reflechir à certains ! et surtout faisons plus confiance à tous ces pays dont l'histoire est millénaire Chine Inde Corée Japon Brésil  ....


A lire Image de l'Algérie à l'étranger: la communication défaillante du gouvernement

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) enp-edu.dz

1.Fouille au corps pour El Baradei: El Watan 9 novembre 2005
2.Jean-Marc Leclerc: Paris allonge sa liste des pays à risques Le Figaro.fr.06/01/2010
3.Ahmed Mesbah: L’ambassadeur des Etats-Unis à Alger convoqué 12 janvier 2010
4.Sécurité: les scanners corporels divisent les Européens 26 octobre 2008
5.Scanners corporels: la présidence de l’UE prône une position commune AFP / 07 janvier 2010
6.Farah Maâmar: Pause-Café. Où êtes-vous? Le Soir d’Algérie 12.01.2010
7.Abderrahman Al-Rached - Un zèle sécuritaire qui ne sert à rien Asharq Al-Awsat 12.01.2010?
8. Rick Rozoff http://www.mondialisation. ca/index.php?context=va&aid=1699315 01 2010

Pr Chems Eddine CHITOUR

lien http://www.lexpressiondz.com/article/8/2010-01-18/72073.html

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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /2008 00:00

Il y a une semaine, Rand Corporation, un think tank (groupe de réflexion) américain, qui collabore avec le Pentagone, rendait ses conclusions sur les groupes terroristes dans le monde. Dans son rapport de 2000 pages, largement reprise dans la presse internationale, Rand Corporation, considéré comme un organisme très sérieux - Il a compté parmi ses membres, d'éminents personnages tels que l'actuelle secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice (de 1991 à 1997) ou l'ancien secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld (président de l'association de 1981 à 1986- analyse l'activité de 648 groupes terroristes à travers le monde.
Parmi les groupes terroristes étudiés figure le FLN durant la Guerre de libération nationale. Selon Rand Corporation, les « terroristes » du FLN ont cessé leurs activités après avoir atteint leur but. Hier, la radio française Europe1, parmi les plus écoutées du pays, évoquait dans un reportage un risque de lapidation pour les jeunes algériens s’ils échangeaient un baiser en public.
En l’espace d’une semaine, les Moudjahidine sont devenus des « terroristes », classés dans la même liste qu’Al-Qaïda et l’Algérie un pays où on pratique la lapidation en public pour un «baiser». Ces deux informations n’ont pas été diffusées par de simples bloggeurs sur Internet ou des médias sans audience : Rand Corporation est l’un des groupes de réflexion les plus influents au monde et Europe1 figure en tête des radios les plus écoutées en France.
C
ertes, les médias, tout comme les groupes de réflexion sont libres d’avoir la lecture qu’ils veulent des événements. Mais dans un pays où les journalistes locaux sont jetés en prison ou se sont vus retirer leur accréditation pour avoir diffusé un faux bilan sur un attentat terroriste ou mal repris les termes d’une déclaration d’un ministre, le silence des autorités sur ces deux événements qui touchent directement l’image du pays est inexplicable.
Régulièrement, le président de la République –il l’a encore fait lors de son discours devant les maires- reproche à la presse nationale de nuire à l’image du pays à l’étranger en diffusant des informations alarmantes sur la situation interne. Il est peu probable que Rand Corporation et Europe1 aient puisé leurs sources dans nos journaux.

Source : Toutsurlalgerie http://www.toutsurlalgerie.com/contenu.php?id=4419

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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /2008 00:00

La Chine est devenue la première puissance économique et militaire du monde, détrônant depuis quelques années déjà les Etats-Unis d'Amérique. Cependant, les relations internationales sont toujours caractérisées par la volonté des grands pays de dominer la terre et de s'accaparer de ses richesses, notamment l'or noir devenu de plus en plus rare. Des régions entières du globe subissent des famines endémiques sous l'oeil indifférent des pays nantis. La terre ne suffit plus à nourrir tous ses habitants. Les télévisions ne diffusent plus lesimages, désormais banales, des milliers de loques humaines décharnées, agonisant au milieu de cadavres puants que personne ne prend la peine d'enterrer.

L'Algérie ne produit plus une goutte de pétrole ni de gaz. Au contraire, elle doit en importer pour couvrir ses besoins, auprès des pays du Moyen-Orient dont les réserves considérables ne sont pas encore épuisées. Malheureusement, il n'y a plus un sous dans la Banque d'Algérie. Personne ne peut expliquer comment les immenses réserves de change du pays se sont évaporées au fil du temps, en dépit des investissements énormes consentis par l'Etat algérien et qui n'ont pas eu d'effets palpables à long terme sur l'économie du pays.

Malgré les louanges quotidiennes adressées aux princes du Golfe, et les courbettes obséquieuses à l'égard du Serviteur des Lieux Saints, nos frères arabes restent insensibles aux supplications du gouvernement algérien, exigeant d'être payés rubis sur l'ongle. L'Algérie est en panne généralisée. Aucune usine ne fonctionne. Aucune voiture ne circule. Les aéroports sont fermés, faute de kérosène. Les avions de la compagnie Air Algérie, alignés sur le tarmac de l'aéroport Houari Boumediène, immobilisés depuis des années, sont attaqués par la rouille, et ont été méthodiquement désossés. La seule activité qui fait encore rentrer des devises reste l'exportation de la ferraille. Le gouvernement a spécialement créé à cet effet, un ministère appelé le ministère de la Valorisation des Déchets ferreux. Sa tâche est immense, et constitue un défi difficile à relever. Il s'agit, ni plus ni moins, de démanteler tous les complexes industriels du pays devenus obsolètes, à l'arrêt faute d'énergie et de pièces détachées, en vue de vendre ces millions de tonnes de ferraille pour glaner quelques devises susceptibles de payer l'importation de denrées alimentaires vitales pour nourrir la population affamée. L'exode rural a vidé la campagne de ses habitants, et personne ne cultive les terres arables livrées à la prédation des promoteurs immobiliers. Tout doit être importé, alors que les caisses de l'Etat sont désespérément vides.

L'Algérie vit une des heures les plus dramatiques de son histoire. Des émeutes ont éclaté un peu partout sur l'immense contrée du pays, réclamant du pain devenu introuvable, toutes les boulangeries ayant fermé faute de farine et d'électricité pour faire marcher les fours. Les services de sécurité sont débordés, face aux scènes de pillage et de brigandage devenues banales dans toutes les bourgades du pays. Les policiers, n'ayant pas reçu leur solde depuis des mois, ne manifestent d'ailleurs aucun excès de zèle pour réprimer les manifestants de carburant.

Les Djebels sont infestés de terroristes qui contrôlent une grande partie du pays, soumettant les citoyens à la charia islamique. les navires de guerre chinois, américains et européens patrouillent dans les eaux territoriales algériennes pour traquer Al Qaïda, sans même demander l'autorisation du gouvernement algérien, ni l'aval de l'ONU. Ils tirent sans sommation sur les milliers de harraga qui tentent de fuir chaque jour le pays à destination de l'Eldorado européen.

Le Maroc et la Tunisie, qui n'ont pas été piégés par la malédiction de l'or noir, sont parvenus graduellement, à force de travail, à tirer profit de leur propres spécificités pour développer leurs pays et les soustraire au sous-développement. Leur niveau de vie n'est pas loin de celui de l'Occident. Les Algériens qui essayent de franchir les frontières de ces pays frères sont impitoyablement abattus. Gagnés par le découragement, rongés par la famine, ils se sont tournés vers leurs frères du maquis qui leur fournissent de quoi se nourrir. La fibre nationaliste, à fleur de peau qui faisait jadis vibrer les Algériens, s'est éteinte depuis longtemps. Le passé glorieux des ancêtres qui avaient chassé le colonialisme n'est qu'une lointaine réminiscence

L'élite politique et intellectuelle nationale, réfugiée en France, manifeste à tout bout de champ pour réclamer davantage de liberté et de démocratie pour l'Algérie, pendant que soixante millions d'Algériens meurent de faim. Des fils et des petits-fils d'anciens apparatchiks, confortablement installés à l'étranger, figurent parmi ceux qui militent, dans les salons parisiens, pour le redressement du pays.

L'anarchie généralisée qui règne en Algérie a attiré les convoitises des pays voisins qui veulent s'accaparer une portion de son territoire. Le Maroc, en souvenir d'une vieille revendication longtemps mise en sourdine, a fait une incursion profonde en territoire algérien, jusqu'à la wilaya de Tlemcen, arguant de droits historiques qu'il prétendait détenir sur ces régions. La Tunisie n'hésite par à réclamer toute une partie de l'Est algérien pour des motifs similaires.

Même le Mali avance des arguments invraisemblables et fallacieux pour réclamer une partie du Sahara. L'Algérie, enfant malade de l'Afrique du Nord, qui, au temps de sa gloire, inspirait crainte et respect, est devenue la proie de petits prédateurs prêts à tout pour se partager son territoire. Certains analystes lui président le sort funeste de l'ancien Irak démembré, ayant donné naissance en 2020 à trois Etats indépendants : le Kurdistan, la République Chiite de l'Irak et l'Etat Islamique du Rafidein, d'obédience sunnite.

Les observateurs qui suivent depuis longtemps la scène politique et économique de l'Algérie n'arrivent toujours pas à comprendre comment ce pays prometteur aux richesses matérielles et humaines illimitées, qui a arraché son indépendance au prix d'une révolution mémorable, et malgré l'intelligence et la conscience politique de son élite et de ses dirigeants, en soit arrivé à un tel état de délabrement, en l'an 2050.

 NB :  2050, c'est demain. Et demain se prépare aujourd'hui. Ce scénario apocalyptique, volontairement pessimiste, a pour but de rappeler l'extrême fragilité de notre économie, entièrement dépendante du pétrole. On doit être capable d'exporter autres choses que la ferraille ou des figues de Barbarie.

 Article du journal Le Quotidien d'Oran

 Froid dans le dos, pas vous ?

Par LAFDAL - Publié dans : Economie
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 00:00

Si la facture D'importation du blé et des médicaments de part son montant élevé a de tout le temps attiré l'attention des décideurs algériens, il reste que celle de l'importation des véhicules particuliers passe très souvent inaperçue.
Qu'en juge. En 2006, les concessionnaires automobiles ont importé pour deux milliards de dollars en véhicules particuliers. La même année, et selon un chiffre communiqué par le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, lors de sa dernière conférence de presse, la facture des  importations de blé n’a été que de 975 millions de dollars. La même année la facture d’importation des médicaments a été légèrement supérieure à un milliard de dollars. Donc, en 2006, l’enveloppe en devises fortes consacrée aux importations de véhicules particuliers était presque identique à celle des importations de blé et de médicaments réunies. Et la tendance semble se maintenir en 2007.   Selon les dernières statistiques communiquées par les douanes algériennes, il ressort que durant le premier semestre de l’année en cours, les importations automobiles ont progressé de 55% en atteignant 1,6 milliard de dollars. Ce montant représente l’importation de plus de 135 000 véhicules dont 124 500 par les seuls  concessionnaires. A ce rythme, on s’attend à ce que la facture des importations automobile frôle les 3 milliards de dollars à la fin de l’année 2007.
Ce qui est énorme pour un pays qui, contre toute logique économique, soutient indirectement la demande intérieure en véhicule particulier tout en n’ayant pas une industrie locale. Une politique qui profite particulièrement aux constructeurs français Renault, Peugeot et Citroën qui accaparent près de 40% du marché algérien automobile. En ce début du mois de septembre, le gouvernement algérien recevra une douche froide en apprenant que le constructeur automobile Renault va investir au Maroc en construisant une usine d’assemblage à Tanger. Cette dernière aura une capacité de production de 200 000 véhicules par an à partir de 2010. Plus tard, il est attendu que cette usine atteigne une production de 400 000 véhicules. Le montant de l’investissement sera de l’ordre de un milliard d’euros tandis que 3 000 emplois directs seront créés et 30 000 autres indirects. C’est Carlos Ghosn, patron du groupe Renault-Nissan, qui signera le protocole d’accord avec le Premier ministre marocain, Driss Jettou. Quelques jours après l’accord de Tanger, le constructeur français automobile rend publics les chiffres de ses ventes dans le monde pour les mois de juillet et août. Il ressort de la lecture des chiffres que les ventes de Renault en Algérie ont bondi de 23,5%, soit la plus forte progression en Afrique en termes de vente et de pourcentage.
Depuis le début de l’année 2007, Renault a vendu 24 246 véhicules en Algérie. En clair, Renault assemble des Logan et des Kangoo à Casablanca, au Maroc,  pour les vendre en Algérie. En parallèle, les ventes du constructeur français au Maroc ont fortement chuté de plus de 20%. Seulement 19 484 véhicules de marque Renault ont été vendus au Maroc depuis le début de l’année 2007.  Pourtant, au Maroc, Renault dispose d’une usine de montage de véhicules dans la ville de Casablanca : l’usine porte le nom de la Somaca.

 

 

Les faux arguments des concessionnaires ( Renault  & cie)
En 2004, le constructeur automobile français achète les parts de l’Etat marocain qu’il détient dans la Somaca, une usine de montage automobile située dans la ville de Casablanca. En plus de Renault et de l’Etat marocain, la Somaca était détenue à 20% par Fiat et 20% par Peugeot-Citroën. Mais le marché marocain de l’automobile restait faible. En 2003, seulement 48 500 véhicules neufs ont été vendus au moment où le marché algérien,la même année était trois fois supérieur.
La Somaca arrivait difficilement à produire 18 000 véhicules en 2004.
Autre handicap du marché marocain de l’automobile, sa faible croissance : 5% par an 
Mais la stratégie de Renault allait plus loin que le marché marocain. A partir de 2006, Renault devait produire la Logan 90 dans les chaînes de montage de la Somaca. Evidemment, ce véhicule, pas très cher, sera destiné entre autres aux pays maghrébins, en tête l’Algérie, et au reste de l’Afrique.
Au moment où le constructeur français affinait sa stratégie au Maroc, les concessionnaires  automobiles jugeaient le marché algérien pas encore important pour nécessiter l’implantation d’une industrie de montage ou d’assemblage automobiles. Un représentant ira même jusqu’à dire un jour sur les colonnes d’un journal qu’il faudrait une demande supérieure à 200 000 véhicules par an pour étudier la possibilité d’installer une usine d’assemblage en Algérie.

 

 

Quelle part de vérité dans ce genre de déclarations ? Aucune
Au Maroc et avant que Renault ne prenne possession  de la Somaca, cette dernière produisait six gammes de véhicules. Fiat assemblait la Palio et la Siena, Renault, la Kangoo, Peugeot la Partener et Citroën la Berlingo. La plus forte production venait de Fiat avec 9 000 véhicules. Le nombre total de véhicules des quatre constructeurs qui sortaient de la Somaca ne dépassait par les 20 000 unités pour un marché marocain ne dépassant pas les
50 000 véhicules par an.
Malgré cela, les quatre constructeurs européens trouvaient leurs comptes. En Colombie, Renault assemble sa Logan 90 dans la même usine que Toyota. Donc, plusieurs constructeurs peuvent utiliser un même site d’assemblage pour une plus grande rentabilité. Avec plus de 200 000 véhicules par an, l’Algérie est considérée comme le second marché automobile en Afrique après celui de l’Afrique du Sud. Donc toute implantation d’une industrie de montage automobile ne serait que rentable.
Par ailleurs, l’Algérie pourrait profiter de l’expérience de l’Afrique du Sud dans ce domaine. Il y une dizaine d’années, l’Afrique du Sud adoptait une politique d’encouragement de l’industrie automobile. Une politique qui porte le nom de Motor Industry Developpement Plan (MIDP). C’est un programme incitatif et protectionniste qui favorise la croissance de la production locale via des crédits d’impôts et d’exemption de droits de douanes à l’importation. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud produit plus de 600 000 véhicules par an sans parler de l’implantation d’une multitude de producteurs de pièce détachée.
L’Algérie dispose de plusieurs atouts pour encourager l’industrie automobile. Le pays produits de l’acier, du verre plat et une multitude d’accessoires. La Tunisie, qui a connu un développement important de la production de la pièce détachée automobile, pourrait être associée dans une stratégie commune dans ce domaine.
Mais en attendant que les pouvoirs publics prennent des mesures pour faire profiter l’économie algérienne de cette forte demande en véhicules particuliers, les constructeurs étrangers continuent de faire de juteux bénéfices sans aucune contre partie productive. Le marché algérien de l’automobile continue d’être boosté par des prix des carburants bas et une politique du crédit à la consommation qui n’a aucune incidence sur la croissance de l’économie nationale.

 

Il serait temps que l'Etat prenne en charge ce pan de l'économie qu'est l'automobile et mette à plat la stratégie d'implantation des constructeurs  !!!  Que l'Algérie ne soit pas juste un comptoir commercial !

Source http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=55045&idc=4

Par LAFDAL - Publié dans : Economie
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